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On se cache dans les rapports sexuels, en se couvrant de sa nudité. Il y a presque un rejet de toute forme de lien, comme si cela devait inévitablement étouffer le désir. Il y a un refus de risquer d’aller jusqu’à devoir traiter la douleur d’une perte et le travail d’acceptation du deuil perçu, en contournant ce processus comme s’il était inutilement triste et émotionnellement douloureux. On risque d’utiliser l’Autre, et d’être utilisé ; on utilise ces choisis comme un objet qui satisfait notre besoin, et comme un objet qui n’est plus nécessaire, une fois utilisé on le jette et on le change. Vous pouvez fuir la véritable intimité pour éviter l’expérience d’abandon qui accompagne toute relation liée par la promesse implicite d’exclusivité. On évite ainsi de se laisser entraîner dans le carrousel de l’amour apparemment libre, dans la recherche presque maniaque de satisfaire son désir personnel et de trouver dans le choix des autres la confirmation que, aujourd’hui encore, un nouvel Autre est nécessaire.

Faire évoluer son couple

C’est un amour plutôt capitaliste qui s’impose avec force au sein des relations sentimentales ces dernières années. Tout comme la recherche spasmodique de l’argent, qui caractérise implicitement la vie de la plupart des gens qui ont tendance à oublier que même le travail en soi peut, et même doit, donner de la satisfaction, il existe une tendance à la recherche effrénée de la jouissance, une recherche qui n’a pas de fin et qui gardera toujours l’individu insatisfait. Peut-être, dans ce cas, ne s’agit-il pas de désirs mais de besoins insatisfaits, fortement alimentés par le nouveau et par le plus qui n’est jamais assez. Vous voulez ce que vous n’avez pas et, une fois que vous l’avez atteint, vous le considérez immédiatement comme acquis, passant au pseudo-objectif suivant ; vous voulez la personne interdite, la personne engagée, la personne qui vous rejette et qui, sans le savoir, parvient à brouiller, au moins temporairement, le sentiment de vide et d’insignifiance qui remonte dangereusement à la surface chaque fois que vous ralentissez pour réfléchir.

C’est une course continue dans la