Ma mère ne se soucie plus de moi (croyez-moi, maintenant j’en ai la preuve, je n’exagère pas)… Je n’ai que mon père qui, quand il n’est pas au travail, est toujours compréhensif et serein, d’ailleurs c’est le seul par qui je me sens écouté et compris.
Mais il n’est presque jamais là, je suis toujours en contact avec ma mère, et je peux dire que mon horrible relation avec elle, ainsi que tout le reste, a été ma ruine. Ma mère ne prend jamais de mes nouvelles ! Je suis une personne qui vit littéralement tous ses jours à l’intérieur, non pas parce que je ne veux pas sortir, mais parce que je n’ai pas d’amis, je n’ai pas de petit ami… Je n’ai pas l’argent pour cultiver un passe-temps ou faire du sport (nous serons expulsés de cette maison dans un moment). Je suis seule comme un chien, c’est la vérité. Et pas parce que je n’ai pas essayé de me faire des amis d’abord, spécifiquement…

Ma mère ne prend jamais de mes nouvelles ! Pourquoi elle agit comme cela ?

En tout cas, les querelles constantes et les longs silences qui s’ensuivent, le fait qu’elle préfère ma petite sœur (elle a 9 ans) à moi (vous pouvez voir, même mon père a dû l’admettre à la fin), le sentiment si rejeté, répudié, toutes les choses qu’elle m’a dites dans le but de me blesser au plus profond de moi-même m’ont fait grandir avec une colère et une douleur dans mon corps, que je pense que peu de gens ont jamais ressenties.
Pour moi, elle était mon seul point de référence, je n’ai personne d’autre à la fin, et le fait de me sentir rejeté par elle m’a créé à l’intérieur de cette colère qui m’a aussi conduit à des déséquilibres, pas par hasard ; en fait je vais chez un psychiatre….
Hier, j’ai dit à mon père, au milieu d’un cri de colère, dans un autre de mes accès de désespoir : ma vie jusqu’à présent a été un échec total (ne pas jouer la victime, objectivement donc), j’ai une douleur et une colère insupportables en moi et je risque de devenir fou, que dois-je faire pour vous montrer que je suis malade, puisque de l’extérieur vous ne le remarquez pas (ou faites semblant) ? Dois-je commencer à me couper comme quelqu’un le fait ?Est-ce que je dois me tuer ? Parce que sinon il me semble que personne ici ne comprend ce que je ressens… Je ne veux pas en arriver là, mais j’ai besoin que ma douleur soit comprise et comprise… J’ai dit que je ne sais pas ce qui m’a empêché d’y mettre fin (c’est vrai), que si j’essaie de chercher une seule chose positive dans ma vie, même si j’essaie comme un fou, je ne la trouve pas… qu’ici je ne compte plus pour rien, pire qu’un fantôme….
Hier, ils parlaient de moi avec mon père (mon père a abordé le sujet après mon explosion), j’étais en haut en train d’écouter aux portes, et à un certain moment, elle a dit que maintenant c’est son travail de s’occuper de moi, qu’elle a déjà ses problèmes, que j’ai déçu ses attentes,que je suis seul comme un chien alors qu’elle ne pouvait pas attendre de me voir grandir parce qu’elle voulait voir à quel point ma vie serait pleine d’amis et de satisfaction et qu’au lieu de cela j’étais une déception totale, que maintenant elle essaie de se racheter auprès de ma sœur et qu’elle ne se soucie plus de moi…. Et il a précisé qu’il parlait sérieusement, et qu’il pensait vraiment ces choses. Ce n’étaient pas des choses dites sous le coup de la colère, c’étaient des choses dites clairement et on pouvait voir qu’il les pensait vraiment.
Et mon père a dit : “Alors elle a raison, vous vous souciez plus d’eux que d’elle… Vous n’essayez même pas de la comprendre.”
Et elle a dit : “Quand j’étais malade, je ne suis pas allée chez un psychologue… personne ne m’a aidée, pourquoi devrais-je l’aider ?”
Et papa a dit : “Ah, donc tu ne penses pas que parce que personne ne t’a aidé, c’est pour ça que tu ne devrais pas l’aider ?”
J’ai donc eu la confirmation de ce que je savais depuis longtemps, mais qui n’avait jamais été converti en mots…
Elle dit que je suis agressif avec elle, que je l’attaque tout le temps, et qu’elle n’en peut plus psychologiquement… J’admets que je suis agressif, mais pour toutes les raisons que j’ai dites plus haut… Parce que j’ai une rage constante dans mon corps, qui m’ouvre la poitrine, et qui ne me permet pratiquement pas d’être gentil, je veux dire, elle est toujours prête à sortir… Je suis en totale frustration…
La dernière fois que mon psychiatre (avant que ma mère ne fasse ce discours avec mon père) m’a dit : essaie de comprendre ta mère, regarde les choses de son point de vue … deux petits enfants à prendre en charge, une situation économique difficile … Essaie de la rencontrer, après tout vous êtes tous dans le même bateau ….
Et je me suis dit : c’est vrai, il faut que je la comprenne, elle est nerveuse par rapport à la situation dans laquelle nous sommes…
Quand je suis rentré à la maison, j’ai essayé par tous les moyens (en réussissant) d’être gentil et condescendant avec elle … Jusqu’à ce que je suis rentré à la maison le soir, pour une chose stupide qui ne la concernait même pas mais ma sœur (parfois j’aime la taquiner, mais pour jouer, je ne faisais rien de mal pour mériter ce qui s’est passé après) ma mère a sifflé comme un serpent que j’étais une salope, une idiote….je ne l’ai pas vu en colère à ce moment-là, et j’ai crié à mon tour qu’elle ne devait pas se permettre de m’offenser ainsi sans raison valable…et que si elle exige le respect, alors elle doit me le donner.
Je me sentais comme un idiot, tout ce que j’essayais de faire, toutes mes bonnes intentions étaient parties en fumée…
Ma soeur est devenue sa protégée, son animal de compagnie, avec ses flatteries, avec sa voix mielleuse (vous devriez l’entendre) elle est parfaite à l’école, la meilleure de la classe alors que j’ai échoué deux fois, même quand elle a tort, toutes les raisons lui reviennent, toute l’attention lui est accordée, si elle répond mal à mon père et qu’il la gronde à juste titre, ma mère gronde mon père… Ma soeur est sacrée, il ne faut pas la toucher.
Je jure que leur relation est morbide, ma soeur ne fait rien sans demander la permission à ma mère, rien !
Elle lui demande même combien de boulettes de viande elle peut manger pour le dîner, l’avertit quand elle va aux toilettes…
Ici, c’est comme si je n’existais pas…
Vous direz, c’est normal que, quand il y a des petits frères et sœurs, l’attention se porte un peu plus sur eux… Mais le fait est qu’ici on m’ignore totalement, et quand on me prend en considération je suis offensé de toutes les façons possibles, ce n’est pas qu’une certaine affection me parvienne, et qu’une autre leur parvienne… Pour moi il n’y a rien !
Je me contenterais d’un peu d’affection…
Ce n’est pas l’histoire d’une petite fille gâtée, que ce soit clair, c’est une histoire de souffrance vraie, authentique, la plus forte que l’on puisse ressentir.
Je me sens piégé ici, si j’avais au moins mon permis, j’irais faire un tour en voiture de temps en temps, mais l’argent pour l’obtenir n’est pas là, comme je vous l’ai dit nous sommes proches de l’expulsion (c’est la maison 5 que nous devons changer pour des raisons d’expulsion).
Si j’avais des amis, j’irais avec eux tous les jours 24 heures sur 24….
Je ne sais plus ce que signifie être serein… Ma vie n’est qu’angoisse. Et c’est tout.
Sans parler de l’intimidation dont j’ai été victime au lycée pendant cinq ans, mais ce n’est qu’une autre des innombrables pièces douloureuses du puzzle de ma vie…

Vous avez lu le témoignage d’une de nos clientes de 2003 qui nous a autorisés à vous partager ce texte.

Appelez nos voyants et voyantes ! Nous vous aiderons à comprendre votre relation avec votre mère !