Bonjour à tous ! J’ai 39 ans et je vis dans une petite ville du Valais.
J’ai vécu sur une île jusqu’à l’âge de 5 ans, puis nous avons déménagé avec la famille. Ayant une mère étrangère, les traits somatiques accentués ont fait l’objet de discrimination pendant les premières années d’école et de jardin d’enfants. Une fois, je me souviens que l’enseignant m’a frappé de deux gifles, sans poser de questions, parce qu’en entrant dans la classe, j’ai soudainement réagi mal à un camarade qui se moquait de moi, ce qui m’a fait me sentir différent. Il était déjà difficile pour moi d’accepter le transfert, puis le facteur d’intégration scolaire n’a pas facilité les choses.
Je n’ai pas de bons souvenirs de cette période jusqu’à ce que mes cousins déménagent ici (au moins j’avais quelqu’un avec qui jouer et qui m’acceptait inconditionnellement), puis ma sœur est née (j’avais 9 ans) et les choses se sont lentement améliorées. Au collège, je me suis fait des amis plus facilement, même si les amitiés que j’avais étaient très différentes de mon essence, j’étais calme et ils étaient mon opposé. Même au lycée, j’avais des amis “vifs” et je me disputais souvent avec mes parents qui, en me contrôlant, ont fini par savoir des choses que j’essayais de cacher (sécher les cours, fumer des cigarettes, voir des garçons). Une fois le lycée terminé, j’ai obtenu ma licence et suis allée à l’université, j’ai choisi la faculté de sociologie car j’ai toujours été attirée par l’aspect relationnel avec le public, ses choix et ses habitudes. La période universitaire m’a fait rencontrer de nombreuses personnes, certaines sont devenues des amis avec lesquels j’ai toujours des relations, d’autres n’étaient que des gens de passage.
J’ai également rencontré l’homme qui est devenu plus tard mon premier vrai petit ami, même si je voyais déjà un autre gars à l’époque, il a volé mon cœur avec ses mots poétiques, intelligents et libres. Après 4 ans nous avons rompu, je l’ai quitté parce qu’il a fait des choix qui ne prenaient pas du tout en compte notre histoire et moi, c’est vrai que si tu ressens le besoin de vivre une expérience on ne peut pas l’empêcher mais c’est aussi vrai qu’il faut au moins en parler avant de se décider. Quand notre histoire s’est terminée, j’ai beaucoup souffert car je l’aimais mais je ne me sentais pas bien dans sa façon de faire.
Entre temps j’ai eu mon diplôme mais je ne comprenais pas comment je pouvais arriver à être sociologue après mon cursus, j’ai parlé au sociologue de ma ville, aux services sociaux, j’ai envoyé mon curriculum mais rien, j’ai trouvé un job d’été par nécessité économique et j’ai mis le holà. Après environ 3 ans de liberté, juste avant la remise des diplômes, j’ai rencontré un autre gars qui a kidnappé mon cœur mais la même histoire, après 5 ans je lui ai demandé de choisir s’il ressentait le besoin de vivre ensemble et de fonder une famille dans le futur mais lui avait le besoin d’élargir ses expériences.
Pendant que j’étais avec lui, j’ai fait une mauvaise chute qui m’a valu 3 opérations et 3 ans de soins médicaux. Malheureusement, je n’ai pas pu récupérer tous mes mouvements, mais je vis et travaille tranquillement avec ce problème dont beaucoup de gens ne se rendent même pas compte s’ils ne remarquent pas la cicatrice.
J’ai passé quatre autres années seule à rencontrer les mauvaises personnes, dont certaines étaient également agressives, puis j’ai rencontré mon partenaire actuel.
Nous nous connaissons depuis 2017, nous travaillons dans le même milieu (nous sommes tous deux serveurs), l’hiver ensemble, l’été dans des endroits différents. Il ne vit pas en Calabre et il est donc difficile de penser à une future cohabitation compte tenu du travail que nous faisons (qu’il a toujours fait et qu’il ne veut pas changer) tant pour le type de vie professionnelle que pour la distance des maisons familiales respectives.
Je voudrais avoir une vie à moi, construire un chemin ensemble avec lui qui me promet toujours que quand ce sera le cas nous en parlerons mais je vois toujours un report continu et rien de concret. Maintenant j’ai besoin de travailler et d’avoir des économies et une indépendance économique mais pour le moment je n’ai que ça et je n’arrive pas à comprendre comment développer cette situation sans le mettre dans un coin, car comme l’expérience me l’a appris je ne peux forcer personne mais je ne voudrais pas être trop extrême dans mes décisions. Quelques mois avant de me rencontrer, il allait se marier mais ayant des conflits avec son ex, il l’a laissé le repousser.
J’ai tendance à savoir ce que je veux, même si j’ai été satisfaite dans de nombreuses situations (comme le travail qui me permet de subvenir à mes besoins, mais ce n’est pas ce que j’aurais voulu pour mon avenir, surtout pour les sacrifices consentis par ma famille et moi-même), j’ai toujours été consciente du fait qu’en choisissant une voie, j’aurais renoncé à l’autre.
Au fond de mon cœur, j’aimerais qu’il y ait un changement positif, mais je suis conscient que le premier changement doit se produire en moi. Je me demande maintenant par où je dois commencer.
Je m’excuse pour ce très long e-mail, mais avant de vous donner des conseils, je voudrais vous donner un maximum d’éléments à évaluer, en tenant compte de l’histoire, de l’expérience et aussi du tempérament.
Merci !